viernes, 30 de enero de 2009

GUERRE CONTRE LE QUATRIÈME PUVOIR

Guerre contre le quatrième pouvoir "En définitive, Clarín, c´est un journal de gauche ou de droite ?" Voici une question à laquelle le Français ou l´étranger venu s´aventurer en terre argentine trouve difficilement une réponse. Et pourtant, inutile d´entrer dans un débat idéologique sur le positionnement du journal d´information générale le plus tiré du pays (une moyenne de 400.000 exemplaires quotidiens). La réponse est toute simple : Clarín est, comme l´on dit ici, "officialiste" (pro-gouvernemental). Ou tout au moins était-ce le cas jusqu´à une période récente...Historiquement, un candidat à la présidence du pays devait être en bons termes avec le journal pour pouvoir accéder à la Casa Rosada. Dit autrement, il devait jouer en faveur des intérêts économiques du Groupe Clarín, et apporter la garantie que ces derniers ne seraient pas touchés par un éventuel changement des règles du jeu dans le panorama médiatique du pays.Parce que le Groupe Clarín n´est effectivement pas seulement un journal. Parmi les entreprises du groupe multimédia figurent, entre autres, Artear, qui possède la chaîne de télévision Canal 13, la participation aux maisons de productions Pol-Ka, Ideas del Sur et Patagonik Film Group, 50% de TyC Sports, la chaîne d´informations en continue par câble TN, la radio Mitre. Le Groupe est aussi actionnaire majoritaire de CIMECO, qui contrôle les journaux La Voz del Interior de Córdoba et Los Andes de Mendoza, propriétaire des quotidiens Página 12 et La Razón, du journal sportif Olé, des revues Elle, Genios et Pymes. Par-dessus tout, le Groupe Clarín détient la quasi totalité des fournisseurs de télévision par câble Cablevisión et Multicanal, il contrôle 70% du marché. Autrement dit, si vous utilisez Internet, regardez la télévision par câble et écoutez les radios argentines, il y a une forte probabilité que quelques-uns de ces supports appartiennent au Groupe Clarín.Jusqu´à une période récente, le Groupe Clarín et le gouvernement maintenaient une romance de convenance. Il n´en est plus depuis que les protestations du "campo" se sont faites entendre sur la Place de Mai. C´est là en effet que les caméras de la chaîne d´information TN ont capté les échanges musclés entre les troupes du leader piquetero Luis D´Elía et ceux qui appuyaient la revendication du monde rural. A cela s´ajoute une caricature de Sábat, dessinateur du journal, représentant la Présidente avec une croix lui fermant la bouche ce que l´intéressée a interprété comme un message "quasi mafieux". Depuis lors, rien ne va plus entre le gouvernement et le Groupe...Après un tel épisode, il n´est pas inhabituel de voir apparaître dans la ville des affiches jurant que "Clarín ment". La guerre est déclarée, du moins jusqu´à ce que le gouvernement et le Groupe fassent à nouveau la paix, de convenance.Qu´est-ce qui est en jeu ? On peut citer les 10 millions de dollars que le groupe devrait investir selon le plan de remise aux normes de l´usine de papier pour l´implantation de Papel Prensa (contrôlée par Clarín, La Nación et l´Etat), les 300 millions pour mettre sous terre les câbles de la télévision par câble dans la capitale, et aussi l´entrée sur le marché argentin de nouveaux fournisseurs de télévision et d´Internet comme l´espagnole Telefónica, la mexicaine Telmex du magnat Carlos Slim qui sont fortement intéressés dans le "triple pay", c´est à dire fournir à un même client, le câble, l´Internet et la téléphonie. Olivia de Maleville, pour LE TRAIT D’UNION, Buenos Aires, 29 de enero de 2009

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